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Et si tu te foutais un peu la paix ?

Et si tu te foutais un peu la paix ?
Il y a ce que tu as à faire.
Et puis il y a tout ce que tu te racontes pendant que tu le fais.
« Il faut que je me dépêche. »
« J'aurais déjà dû le faire. »
« Je suis en retard. »
« Je devrais être plus organisée. »
« Il faut que je me motive. »
« Les autres y arrivent bien. »
« Allez. Bouge-toi. »
Et le plus fou ?
C'est que pendant tout ce temps...
tu fais.
Tu travailles.
Tu gères.
Tu apprends.
Tu règles des problèmes.
Tu prends des décisions.
Tu t'occupes des autres.
Tu avances.
Mais ton regard, lui, est déjà parti chercher...
ce que tu n'as pas encore fait.
Fais un petit test.
Pense à tout ce qui ne va pas en ce moment.
Tout ce qu'il faudrait régler.
Ce que tu repousses.
Ce que tu voudrais améliorer.
Ce que tu n'as pas encore réussi.
...
Ça vient assez vite, hein ? 😄
Maintenant :
de quoi es-tu fière aujourd'hui ?
...
Il est arrivé, le petit blanc ?
Parce que c'est quand même dingue.
Quand il s'agit de chercher ce qui ne va pas, on peut devenir extrêmement performante.
La liste arrive toute seule.
Mais quand il faut regarder ce qui va bien...
parfois, il faut chercher.
Alors peut-être que le problème n'est pas qu'il n'y a rien dont tu peux être fière.
Peut-être que tu as simplement tellement pris l'habitude de regarder ce qui manque...
que tu ne regardes même plus tout ce qui est déjà là.
Alors retourne-toi.
Pas vers celle que tu étais il y a trois ans.
Plus loin.
Imagine la petite toi.
Celle de 10 ans.
Regarde-la vraiment.
Ses yeux de petite fille.
Elle ne sait encore rien de tout ce qui l'attend.
Elle ne sait pas les choses que tu vas traverser.
Les choix que tu vas devoir faire.
Les fois où tu vas tomber.
Les fois où tu vas recommencer.
Les moments où tu vas avoir peur.
Ceux où tu vas devoir dire non.
Ceux où tu vas oser dire oui.
Les personnes que tu vas rencontrer.
Celles que tu vas quitter.
Les erreurs que tu vas faire.
Tout ce que tu vas apprendre.
Elle ne sait rien de tout ça.
Mais aujourd'hui...
elle te voit.
Elle voit la femme que tu es devenue.
Elle voit tout ce que tu as traversé.
Tout ce que tu as surmonté.
Elle voit les moments où tu pensais que tu n'y arriverais pas...
et pourtant,
tu es là.
Elle voit les choix que tu ne fais plus.
Les choses que tu n'acceptes plus.
Tout ce que tu comprends aujourd'hui et que tu ne comprenais pas encore.
Elle voit ta force.
Ton courage.
Ta persévérance.
Ta façon de rebondir.
Et même ces moments où tu as eu le courage de te regarder en face et de reconnaître :
« Là, il faut que je change quelque chose. »
Elle voit aussi tout ce que tu sais faire aujourd'hui.
Et imagine qu'on lui ait raconté tout ça à 10 ans.
Imagine qu'on lui ait dit :
« Tu sais, un jour, tu vas être capable de faire ça. Et ça. Et puis ça aussi. »
Il y a probablement des choses pour lesquelles elle aurait éclaté de rire.
« Moi ? Mais jamais de la vie ! »
« Je saurais pas faire ça ! »
« J'en serais incapable ! »
Et pourtant...
regarde.
C'est ça qui est fou.
Tu regardes parfois ton avenir en te demandant :
« Est-ce que je vais être capable ? »
« Est-ce que je vais y arriver ? »
« Mais comment je vais faire ? »
Mais évidemment que tu ne sais pas encore exactement comment faire.
Tu n'y es pas encore allée.
Il y a déjà tellement de choses que tu sais faire aujourd'hui que tu ne savais pas faire avant.
Tu as essayé.
Tu as appris.
Tu t'es trompée.
Tu as recommencé.
Tu as compris.
Et petit à petit...
tu as acquis un savoir-faire.
Parce qu'avant de savoir faire...
forcément, tu ne sais pas faire.
Et parfois, tu ne sais même pas encore ce que tu seras capable d'apprendre à faire.
Alors pourquoi demander à celle que tu es aujourd'hui d'avoir déjà toutes les compétences de celle que tu seras demain ?
Et pourtant, regarde ce qu'on fait parfois.
On imagine devant nous la version parfaite de nous-même.
Celle qui a réussi.
Celle qui a atteint tous ses objectifs.
Et dans notre tête, elle se transforme presque en militaire avec un chronomètre.
« Allez ! »
« Plus vite ! »
« Go, go, go ! »
« C'est pas assez ! »
« T'aurais déjà dû y être ! »
« Encore ! »
« Plus fort ! »
« Discipline ! »
« Motivation ! »
Et toi, tu cours.
Tu fais un pas.
Elle en demande deux.
Tu en fais deux.
Elle regarde déjà le troisième.
Tu atteins un objectif ?
Elle te montre immédiatement le suivant.
Tu apprends quelque chose ?
Elle te rappelle tout ce que tu ne sais toujours pas.
Tu fais de ton mieux ?
Elle répond :
« Oui, mais... »
Punaise.
C'est lourd.
Et après quelque temps à vivre comme ça, tu te demandes pourquoi tu n'es plus motivée.
Alors tu te mets encore plus de pression...
pour essayer de retrouver la motivation que toute cette pression est justement en train de t'enlever.
Ah bon ?
Et si on changeait de voix ?
Retourne-toi encore une fois.
La petite toi est toujours là.
Et elle ne regarde pas ton prochain objectif.
Elle ne connaît même pas ton planning. 😄
Elle te regarde, toi.
Et elle pense peut-être :
« Attends...
c'est nous qui avons fait tout ça ? »
« On a vraiment traversé tout ça ? »
« Tu sais faire tout ça maintenant ? »
« T'as osé faire ça ? »
Et peut-être qu'elle te regarde simplement avec ses grands yeux et qu'elle te dit :
« Waouh. »
« Je suis trop fière de toi. »
...
Imagine avancer avec cette voix-là derrière toi.
« Vas-y. »
« Essaie. »
« Je suis avec toi. »
« Un petit pas de plus. »
Tu avances.
Un.
Puis deux.
Tu réussis quelque chose ?
« Bravo ! »
Tu fais une erreur ?
« OK. Qu'est-ce qu'on vient d'apprendre ? »
Tu dois recommencer ?
« Regarde tout ce qu'on sait maintenant qu'on ne savait pas la première fois. »
Punaise...
tu avances toujours.
Mais tu n'avances plus du tout avec la même énergie.
Qui a dit qu'il fallait souffrir pour avoir le droit de réussir ?
Oui, apprendre demande parfois des efforts.
Oui, certaines étapes seront inconfortables.
Oui, tu vas encore te tromper.
Tu vas réfléchir.
Recommencer.
Ajuster.
Changer de direction.
Mais tu n'as pas besoin de te mettre à ramper dans la boue pour justifier que tu mérites d'avancer.
Tu n'as pas besoin d'être épuisée pour considérer que tu as suffisamment travaillé.
Tu n'as pas besoin de souffrir suffisamment pour avoir le droit d'être fière du résultat.
Et surtout...
tu n'as pas besoin d'attendre d'être arrivée pour être fière de toi.
Même une belle boulette peut t'apprendre quelque chose.
Tu pensais savoir.
Tu testes.
Paf.
Ça ne marche pas.
Bon.
Qu'est-ce que tu sais maintenant que tu ne savais pas avant ?
Qu'est-ce que cette situation vient de t'apprendre ?
Qu'est-ce que tu feras différemment ?
Qu'est-ce que tu vas mieux sécuriser ?
À qui pourrais-tu demander conseil la prochaine fois ?
Qu'est-ce que tu gardes ?
Qu'est-ce que tu améliores ?
Parce que là aussi...
tu ne repars pas de zéro.
Tu repars avec ton expérience.
Avec ce que tu as compris.
Avec ce que tu as appris.
Avec une nouvelle compétence.
Et surtout...
tu repars avec celle que tu es devenue en apprenant.
Alors peut-être que se foutre la paix, ce n'est pas arrêter d'avancer.
Ce n'est pas abandonner ses objectifs.
Ce n'est pas manquer d'ambition.
C'est arrêter de croire qu'il faut se maltraiter intérieurement pour obtenir quelque chose de sa propre vie.
C'est arrêter de se courir après soi-même.
C'est pouvoir se dire :
« Regarde déjà le chemin que tu as parcouru. »
« Je suis fière de toi. »
« Maintenant, on continue. »
Et avant de repartir...
regarde-la une dernière fois.
La petite toi.
10 ans.
Elle te regarde.
Et demande-lui :
« Si tu pouvais me voir aujourd'hui, de quoi serais-tu la plus fière ? »
...
Ne cherche pas la réponse parfaite.
Laisse-la venir.
Et surtout...
ne cours pas immédiatement vers la prochaine chose à accomplir.
Reste là deux secondes.
Savoure.
Punaise, oui.
Ça aussi...
c'est toi qui l'as fait.
Et il y a quelque chose d'encore plus beau :
la petite toi ne savait absolument pas de quoi tu deviendrais capable.
Et aujourd'hui...
tu ne sais toujours pas de quoi la femme que tu es sera capable demain.